Ca commence à faire un moment que je suis là (je n'envisage pas du tout d'arrêter ma contribution à partir du moment où je sens que je suis compris dans ce que je veux dire) un moment pendant lequel j'ai eu la chance de pouvoir observer un bon nombre de choses sur les gens qui fréquentent ou fréquentaient le forum, leurs préoccupations, leurs questions existentielles...
J'ai beaucoup appris ici, et pour être franc je ne veux pas imaginer comment aurait été ma vie sentimentale ces trois dernières années sans lui...
Le fait est qu'on vient souvent pour une question, et qu'on repart avec la solution à tous nos problèmes liés à la drague, aux hommes, aux femmes, à la séduction, à l'amour... Ce qui est même drôle, c'est qu'on apprend surtout qu'une fois l'état d'esprit du forum en mémoire, la fameuse solution est en fait à l'intérieur de nous...
On peut observer sur le forum un phénomène de société qui, je pense d'un manière ou d'une autre, a toujours été présent : la recherche d'un soi meilleur, la recherche de moyens pour améliorer ses 'pouvoirs de séductions', ou d'une manière plus consciente : comment sortir avec la fille qui habite la maison d'à côté.
Ca me fait penser à deux choses : _cet endroit est un lieu d'apprentissage, où on essaye de retrouver un lien entre la nature des gens et la façon d'intéragir avec eux malgré leur adhésion à un système de codes (politesse, 'morale populaire', mode, tendance à l'écrasement personnel...), plus fort souvent que notre bonne volonté.
_cet endroit peut aussi ne rien être du tout, pour ceux qui ne cherchent pas vraiment à résoudre leurs problèmes, ou qui le font de manière bien trop légère. Comprendre, appliquer tout ce qu'on peut lire ici, demande un travail, et j'insiste sur le terme, un travail long et souvent conséquent. Mais comme tous les travaux payent, bien souvent lorsqu'on a facilement la réponse à une de nos questions, on se penche sur l'outil pour essayer d'en savoir encore plus...
Deux états d'esprits donc : grandir ou remettre à plus tard. En se penchant sur le 'remettre à plus tard', on peut élargir la portée de cet état d'esprit.
Après tout quelqu'un qui lit beaucoup ici mais qui reste prostré dans la théorie et ne s'essaye pas à la pratique est aussi quelqu'un qui remet à plus tard.
C'est le grand paradoxe : certains voudraient grandir, mais voudraient bien ne pas trop s'y investir, ou remettre -à plus tard-, pour n'importe quelle raison. C'est un blocage : après tout vous avez forcement votre intéret dans la pratique, alors pourquoi ne pas pratiquer???
C'est bien souvent inconscient, totalement inconscient, et c'est justement sur ces blocages dans votre inconscient qu'il faudra travailler en premier lieu, parce que c'est de là que partent les blocages sur le 'terrain', c'est ça qui vous dit de 'remettre ça à demain'.
On est tous plus ou moins bloqués, les plus jeunes seront forcement plus réactifs vis à vis de ça et auront des circonstances favorables (lycée par ex) pour progresser à leur rythme, les plus vieux ramant surement plus, ayant beaucoup plus d'expérience à analyser et à repenser en fonction de ce qu'ils lisent d'intéressant sur le forum. Mais de ces blocages renaissent celui que vous êtes vraiment, dénouer ces noeuds, c'est retourner à un mental plus souple, plus flexible (je sais pas si vous m'suivez, j'espère!).
Voilà, tout ça pour ça : dénouer les noeuds (si vous aviez su vous m'auriez pas lu
Vous avez forcement un exemple en tête d'une situation comme celle-ci : le premier garcon (la premiere fille) sur le(a)quel(le) vous avez flashé qui vous met un beau vent, la première fois que papa à essayer de présenter son fils à pleins de gens et que soudain il s'est senti petit et insignifiant, le traumatisme du repas-pas-terminé-pas-droit-sortir-de-table-!, la fois ou votre meilleur(e) ami(e) de maternelle a essayé de vous piquer votre goûter...
Lorsqu'un humain, et de façon plus générale un enfant est traumatisé par une situation, il met en place un système pour se protéger : il se prostre, se bloque. Il ne reproduira pas un schéma de traumatisme, il établit des règles pour que ces situations ne se reproduisent plus : n'ira plus avec papa au bureau, ne parlera plus aux filles/garçons, ne fera plus confiance à ses ami(e)s, ne veut plus manger de choux fleur...
C'est ces blocages que j'appelle ici noeuds, et ces noeuds sont toujours avec vous aujourd'hui, si vous ne vous en êtes pas 'occupés'.
Encore une fois je fais appel à votre mémoire : souvenez vous de la dernière fois où vous vous êtes senti mal à l'aise devant une assemblée, souvenez vous du sentiment d'insignifiance, du sentiment que vous n'êtes rien et que vous voulez retourner parmi la masse, souvenez vous du dernier acte que vous n'avez pas fait à cause de votre timidité,...
C'est une réalité qui s'impose : vous êtes noués!!!!!!!!
Alors maintenant, il faut se dénouer, et c'est là que commence VOTRE travail : il vous faut ne plus jamais dire 'remettre à plus tard', et de la volonté, dans le sens où vous allez simplement lever un voile sur une partie de vous qui était inconsciemment cachée, douloureuse à examiner : pourquoi êtes vous timides, pourquoi vous sentez vous 'nul' ou autre?
Souvent la réponse à cette question vient d'elle même, et parfois même vous la connaissez avant de la poser.
Accepter de revenir sur un souvenir douloureux pour tenter d'en tirer un profit intellectuel n'est pas immoral, chaque situation mérite qu'on tire des leçons, les bonnes comme les pénibles.
C'est une démarche de l'ordre de celle qu'il vous faudra pour comprendre.
Remémorez vous ces souvenirs pénibles, comprenez en quoi ils peuvent avoir un lien avec une attitude infantile que vous conservez encore avec vous, bien des années plus tard, analysez le 'pourquoi' rien qu'en vous posant franchement la question dans une glace : 'Pourquoi suis-je timide, pourquoi suis-je si peu sur(e) de moi?'
Vous aurez la réponse, et si ce n'est pas le cas, alors fouillez votre mémoire, rapportez vous aux faits marquants de votre enfance, en un mot : introspectez.
On en est là : une enfance passée à nouer, malgré la bienveillance de nos parents et de nos proches, une adolescence à bétonner tous ces noeuds dans notre moi, tout au fond, et une partie à fouiller pour comprendre comment on en est arrivé là. Souvent le béton se fissure de façon rapide, et quand vous le sentez, c'est que vous êtes sur la bonne voie : la compréhension d'une situation, un regard sur les faits qui change (un pardon même parfois), sont autant d'éléments qui vous prouvent que votre 'moi' progresse, analyse, introspecte de façon efficace.
Et ce travail là durera, tous le temps. Parce que la mauvaise habitude de l'enfant qui se prostre face à une situation critique est un trait de caractère commun à tous les catégories d'âge.
Pour ajouter un truc, je rappelle et j'insiste : c'est un travail essentiel, nécessaire pour maitriser un temps soit peu la complexité de son 'moi', son fonctionnement, les façons d'éviter de le heuter, des méthodes pour le consoler, sans compromis.
Sans ça, vous aurez une technique sans âme, une bête application de principes qui à la base sont là pour faire réfléchir.
J'espère que ça pourra vous servir, si vous avez des questions ou des réactions n'hésitez pas
Bonne soirée à toutes et à tous,
Grand Chef.

















