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En revanche, il s'avère que parfois (souvent ?), l'homme a tendance à avoir les yeux plus gros que le ventre : il pense pouvoir faire des concessions sur telle et telle chose, alors qu'à la longue, ces mêmes choses finiront par le faire craquer.
C'est alors que "les points sur lesquels il te manque de l'envie au départ" vont effectivement se transformer en raz le bol passager. Sauf que selon moi, tu as raté une étape : l'étape où tu commence à voir de manière amplifiée tous les défauts de la personne... L'effet inverse de la cristallisation selon Stendhal quoi (ça y est j'étale ma culture tongue.gif Pour info, c'est dans son livre "De l'Amour", qui est tout bonnement génialissime et que je conseille à tout le monde). C'est en voyant tous les défauts de la personne qu'on s'aperçoit qu'il y a vraiment des incompatibilités.
Effectivement, on diverge sur ce point, en profondeur. J'ai pas du tout cette vision là des défauts de départs (et c'est un thème qui se doit d'être abordé dans ce genre de discussion) : je pense au contraire que les concessions n'en sont pas vraiment.
Ma vision est moins Stendhaliste que "bouddhiste" : je crois, personnellement, qu'on peut aimer sans limites et sans réserves. Pour moi, les défauts de la personne avec qui je suis sont autant d'occasion de me dépasser au nom d'une cause supérieure : les défauts, comme les qualités, font partie de la personne qu'on aime (SI on l'aime bien sur), et pour moi encore, les dépasser c'est une façon de construire quelque chose sur des bases solides.
En gros, ce que je pense de cette étape dont tu parles, c'est que :
1) au bout d'un moment (à peu près un an pour ma part), la "passion", ce qui fait que tout ce que tu fais avec ta copine est palpitant, disparait un peu derrière les petits tracas du quotidien, derrière l'énervement face à certains comportements.
2) lorsque cette étape arrive, on le sent : y'a un coup de moins bien dans le couple, moins d'attachement, une routine. Pour moi, la responsable du fait que je vois les défauts de mon amoureuse plus qu'avant, c'est essentiellement le fait que la relation a été rapide et passionnée, et qu'elle passe dans un mode de croisière, où s'installent des comportements plus ou moins "laissés allers".
3) c'est précisement ici que j'ai mis mon défi : ces comportements qui dérangent un peu, qui irritent parfois et qui mettent même des fois hors de toi, ce sont des obstacles inévitables dans une relation de longue durée.
Face à ça, il y a (en restant binaire) deux solutions : rester ensemble ou se séparer. Si on parle bien des petits défauts et autres petites choses futiles mais pesantes, mon raisonnement est de dire qu'il faut essayer de les dépasser, ce qui implique des choses qui ne sont pas forcément admises dans une communauté où les contraintes sont vues comme des trucs qui t'empêchent d'avancer.
Essayer de les dépasser, c'est à la fois prendre sur soi, faire abstraction, en parler pour mieux comprendre, et souvent les accepter sans froncer les sourcils. Parce que les défauts sont présents chez moi comme chez ma copine, mais la capacité de voir plus loin que ces trucs qui te gâchent parfois la vue c'est selon moi une des composantes essentielle de l'amour. Depuis que je suis arrivé sur ce forum, je crois plus aux contes de fées. Je ne crois plus à la personne idéale ou parfaite, qui serait "compatible". Je pense que cette compatibilité, dépend de l'envie que mettent les deux personnes concernées à accepter les petits travers "incompatibles" de l'autre.
C'est ce que je trouve beau en ce moment dans ma relation : on a beau se prendre la tête parfois, à force de répéter les schémas de conflits entre nous, on commence seulement (au bout de deux ans) à instaurer des sortes de rituels qui prennent la forme d'une discussion allongée (et parfois très allongée) pour aller comprendre le fond de ce qui nous gêne.
Je dis pas du tout que ma vie de couple est un rêve éveillé, comme un conte justement. Je dis simplement que mettre un peu de pragmatisme dans son énervement (stérile) face à certains travers est essentiel si vous voulez garder la fille que vous aimez. Parce que l'amour est toujours là, même s'il y a des choses qui vous énervent. Et si vous en doutez, je crois que le moyen le plus simple de le vérifier, c'est de vous éloigner l'un de l'autre pendant quelques jours, pour voir si au bout de ce laps de temps vous pensez toujours à ces défauts, ou si votre copine ou copain vous manque. Si c'est le cas, alors prennez ça en compte, et acceptez de faire des sacrifices (qui sont la plupart du temps des détails totalement futiles) pour que votre relation reste dans le cadre d'une évolution qui vous rassasiera.
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Ensuite, se remettre ensemble après un tel processus, ce n'est vraiment pas évident, parce que quelque chose dans notre tête nous rappellera sans cesse tous les défauts (même s'ils étaient un peu déformés) que l'on a vu dans la phase de décristallisation.
Bon alors forcément, de mon point de vue, ton raisonnement ne tient pas à la vue de ce que j'ai écris au dessus. Mais si c'est effectivement le cas, que vous vous rappelez les défauts de la personne, alors encore une fois : pourquoi se remettre ensemble?
Si on parle de recoller les morceaux, c'est une volonté commune des deux parties, sinon, bien évidement, c'est voué à l'échec!
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Mon point, c'est qu'en arriver à la décision de se séparer c'est déjà un grand pas qui démontre 2 choses :
1) celui qui a pris la décision ne se sent pas capable de continuer ou de faire des efforts
2) pour la personne qui se fait "jeter", ça lui montre qu'au fond l'autre ne tient pas tant que ça à elle
Ainsi, ni l'un ni l'autre ne verra l'interet de rester ensemble une fois recollés (à la longue).
Je peux pas nier ce que tu écris, c'est évident qu'une rupture laisse des traces, surtout pour la personne qui l'a subit. C'est pour moi la partie la plus délicate de la séparation : quand on fait du mal à l'autre pour s'en séparer et qu'on veut revenir après parce qu'on a compris qu'on faisait une erreur, qu'est ce qui garantie à cette personne qu'on ne peut pas recommencer, le ou la refaire souffrir... Ca pose beaucoup de questions, et y'a pas tant de réponses que ça. Ici, il faut jouer franc jeu, être honnête, décrire les états d'âmes par lesquels on est passé pour en arriver à la conclusion qu'on a fait une erreur.
Mais recoller les morceaux c'est aussi quelque chose de formidable, si c'est basé sur une confiance totale : j'ai toujours parlé de mon ressenti sur notre relation à ma copine, et je pense que si on est ensemble aujourd'hui c'est aussi parce qu'elle a su dépasser ce genre de questionnement, parce qu'elle a vu que j'avais souffert de ma décision autant qu'elle, et qu'au moment ou je l'avais prise (la décision), c'était la seule option possible pour ne pas être en porte à faux avec moi même.
Mais encore une fois, si on est pas sincère et ouvert au dialogue, (et au pardon pour la personne en face), alors c'est que les ambitions qu'on a pour reconstruire quelque chose ne sont pas assez fortes pour dépasser la difficulté de la rupture...
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Je sais que je passe pour un pessimiste, mais en fait j'essaye vraiment de comprendre pourquoi je n'ai jamais vu un seul recollage qui ait marché (ni le mien d'ailleurs). C'est pour ça que j'essaye de rester le plus pragmatique possible, pour comprendre ce qui pousse deux personnes qui s'aimaient avant, qui se sont séparés et qui, même s'ils essayent, ne peuvent plus retourner ensemble dans une relation amoureuse.
Je crois plutôt que je suis vu comme un optimiste et que toi t'es dans la norme =D
Y'a un paramètre que t'as pas pris en compte dans ton raisonnement ceci dit : on est des êtres humains, à qui il arrive de faire des erreurs. Ca fait partie prenante de l'apprentissage de la vie : on doute, on agit, et parfois on prend de mauvaises décisions. Il faut savoir reconnaitre une bonne d'une mauvaise décision : dans mon cas, le fait que je prenne conscience que mon éloignement de ma copine était juste du au fait que mon couple n'allait pas "à la même vitesse" que ma vie m'a fait comprendre que j'avais fait erreur. Et bizarrement, alors qu'au moment de la rupture j'étais persuadé que c'était la meilleure décision pour elle comme pour moi, je me suis dit après plusieurs semaines de réflexion que c'était vraiment trop con de s'arrêter à cause d'une mauvaise interprétation de ce que je ressentais.
Je me suis excusé, et je me suis expliqué (enfin j'ai fait du mieux que j'ai pu pour décrire comment je me sentais), et elle m'a dit que ça ne pourra jamais être comme avant, qu'il y avait un truc qui s'était brisé.
C'est pour ça qu'il faut construire autre chose, qu'il ne faut pas simplement reprendre la relation là où elle en était : on ne peut pas construire quelque chose de sain sur des larmes séchées...
Si je dois être très honnête avec vous aussi, je dois vous dire qu'effectivement, ça n'a pas été simple. Que j'ai eu longtemps l'impression que la chose qui s'était brisée (un mélange de confiance aveugle et d'innocence en fait) ne s'est pas réparée. C'est clair et net que c'est plus pareil. Mais c'est peut être aussi bien, après tout on est dans la vraie vie, même en couple, et il peut se passer n'importe quoi qui fait que l'autre souffre un jour ou l'autre. Je pense que notre relation est plus mature, qu'il y a plus d'échange sur nos sentiments, qu'on fait attention au bien être de l'autre. Mais j'avoue que j'aime ça, et que je regrette pas un seul instant ma décision de la séparation, parce qu'elle m'a permit de prendre conscience de choses qui auraient pu faire, si la rupture n'avait pas eu lieu, bien plus de mal, et à tous les deux.
A mon avis, ton "pessimisme" est parfaitement justifié. Je suis le seul couple qui à ma connaissance a réussit à faire passer plus de temps après la rupture qu'avant ^^
Mais pour autant, je pense pas (ce serait bizarre) que c'est une mission impossible.